samedi 3 mai 2014

En mode Perman (Catherine ;-)

Réveil 5h30 dans mon condo de St Lambert, c'est le jour du premier brevet officiel de 200 km, il ne faut pas manquer ce RV important ! Déjeuner plus copieux qu'à l'habitude, préparatifs de la sacoche et des vêtements à porter, pas toujours évident avec cette météo aléatoire, cependant un bon cyclo doit être paré à toutes les conditions, c'est juste que c'est chiant de transporter du poids pour rien, juste au cas où ! Pour 6h30 j'enfourche mon fidèle destrier qui n'a pas subi de changement majeur par rapport à la saison dernière, j'ai juste ajouté une barre déportée au niveau du guidon qui me sert à poser mon GPS et fixer mes 2 loupiotes lors des brevets nocturnes. Je me dérouille les jambes et le cardio sur la piste cyclable menant au RV de la voie maritime. Le temps est gris mais au moins c'est sec au sol, il est prévu de la pluie seulement cet après-midi, alors profitons du moment présent et après nous le déluge. Sur le parking, c'est l'effervescence de cyclos, plus d'une trentaine de paire de jambonneaux musclés ont répondu présent à l'appel des premières 200 bornes de la saison, l'engouement pour la longue distance semble être de mise, tant mieux pour tous, on va pouvoir rencontrer de nouvelles personnes pour partager notre belle activité.


À 7h, le départ est donné par notre président Jean, après le rituel cliché qui figurera comme d'habitude sur le site du CVRM. Les salutations et les discussions se poursuivent dans le peloton en traversant Brossard par ses boulevards de banlieue. Ma gang habituelle est présente, Yves et Marie Claude, le nouveau couple cyclo formé fin 2013 grâce aux brevets du CVRM, Marc et Catherine qui ne forment pas un couple, mais Cath est avec Fred, c'est un peu compliqué tout ça. Il y a aussi Martin Bergeron qui nous filme encore en ce début de parcours mais il ne restera pas longtemps avec nous car il a décidé de suivre la fusée Perman. Il racontera d'ailleurs cette expérience sur son blog avec le titre évocateur En mode Perman, ce qui signifie à plus de 30 de moyenne ! Le peloton se forme, composé d'une vingtaine d'unités, ça roule plutôt bien dès l'entrée en campagne, nous filons et frisons les 30 km heure pour les 25 premiers kilomètres.

C'est à ce moment que la sacoche de selle de Catherine décide de partir en escapade sur la route, avec le bidon d'un autre cyclo, ces pertes d'accessoires étant dus au soubresaut de la route, communément appelés nids de poule. En bon samaritain, je l'attends gentiment pour lui permettre de rejoindre le paquet, mais cela prend un temps infini et je vois le peloton s'éloigner à vitesse grand V puis disparaître à l'horizon, nous ne le reverrons pas avant le 1er contrôle. Cath et 2 autres cyclos me rejoignent et ceux ci se mettent à pédaler frénétiquement pour tenter l'impossible, essayer de faire la jonction avec un groupe de mongols roulant à 30 à l'heure malgré un vent défavorable ! Pour ma part, j'en ai vite fait mon deuil et je m'applique à rouler régulièrement en vérifiant ma cadence et ma fréquence afin de pas me mettre dans le rouge, ainsi nous rejoindrons ultimement nos amis au prochain contrôle sans trop perdre de force. Catherine effectue quelques relais dans notre coopération et bientôt nous sommes dépassés par Gilles qui roule seul à bonne allure, alors nous essayons de nous accrocher à sa roue jusque St Cyprien km 41, merci Gillou.

Au checkpoint de la station Shell, une moitié du peloton est déjà repartie, notre gang habituelle nous attend sans broncher, ils sont désolés de nous avoir perdus dans la bagarre ! Pointage, quelques friandises sucrées et nous revoilà répartis plein sud, en continuant de nous bouffer un peu de vent, cet Eole n'est pas trop fort mais suffisant pour freiner nos ardeurs. Jean et Martin nous rejoignent et nous roulons dans un nouveau paquet reformé d'une dizaine d'unités en direction du poste frontière de Lacolle, point extrême sud de notre ride. Ensuite c'est à droite pour la route et tout à gauche pour le braquet car la tôle ondulée du chemin de la Covey Hill se présente sous nos roues. Une vingtaine de kilomètres à jouer de la manette de vitesse et tranquillement chacun prend son rythme pour affronter son chemin de croix, se terminant avec le muret à 14% de cette fameuse Covey Hill. En haut de la bosse, notre mini bande s'attend. Marc a filé devant car il se sent bien et nous ne le reverrons pas. Arrivé en solo, j'attends mes amis éparpillés dans l'ascension, voici Cath, puis Yves et MC, et enfin Stéphane, une nouvelle recrue qui a participé à la campagne de Cuba avec Yves. Claude se joint à nous pour dévaler le faux plat descendant vers le 2ème contrôle de Franklin, en remplacement de celui de St Antoine et sa délicieuse boulangerie car celle ci ne permet plus de ravitailler un breveteux affamé. À la station dépanneur du km 102, il y a encore quelques congénères qui finissent leur pause et repartent bientôt, alors que nous commençons la notre, après signature des cartes et achat de quelques victuailles permettant la récupération d'énergie.

Discussion, relaxation et nous remettons en route avec un groupe de 8 cyclos avec qui nous resterons jusqu'à la fin, dans un bon esprit d'équipe et unis dans l'adversité. Le vent nous est maintenant favorable et c'est bien agréable, je joue au capitaine de route car je connais le parcours presque par cœur, mon GPS étant juste là pour confirmer les changements de direction. Nous avons récupéré Gabriel qui apporte sa contribution pour mener la troupe à travers le dédale des routes de campagne, ainsi que Michel, bien content de se retrouver dans le salon. Nous faisons quelques pauses santé, genre pipi pour hommes et femmes, ainsi que des pauses à cause de sacoche qui se font la malle, n'est ce pas Catherine ! Nous avons droit également à une réparation de crevaison pour ma part, en effet MC m'avertit que mon pneu arrière semble dégonflé, je ne l'avais même pas remarqué en montant le pont surplombant la 15. Nous effectuons donc la mécanique en groupe, dans la joie et la bonne humeur, les blagues sont de sortie, on a du fun. Je décide de changer mon pneu arrière totalement usé car j'avais emporté un pneu de rechange pour palier à cette éventualité. Merci à la communauté de m'avoir donné un coup de main, puis un coup de pompe mais pas de coup de pied au cul !

Nous retrouvons la 217 déjà prise ce matin en sens inverse, et remontons plein nord avec un vent de sud, c'est donc à fond les ballons que nous déboulons sur le Pétro Pass de St Cyprien. Faut dire que la pluie de plus en plus menaçante, finit par s'abattre sur nos carcasses 2 km avant le sprint final. Nous voilà au 3ème contrôle du km 163, nous estampillons nos cartes et prenons une pause dans le vrai salon cette fois, avec quelques nourritures pour recharger les batteries. Marielle devant sa TV, nous alimente par texto sur le score du match de hockey Montréal-Boston, le Canadien mène 3-1 dans la 3ème période avec 9 minutes à faire, mais ils perdront 4-3, grrrrr, ils sont tough ces big bad Bruins !

Une chappe grise s'installe dans le ciel et il nous faut repartir avec les gros nuages de pluie qui vont nous escorter jusqu'au retour. Heureusement que le vent nous est quasiment favorable sur les 40 derniers kms, ça rend notre joyeuse pédalée moins pénible. Certains éléments accusent le coup de la fatigue et quelques moins 1 pleuvent également. Bientôt voici St Philippe, la Prairie et le final par Taschereau, Provencher et l'infâme Victoria. L'arrivée au dernier contrôle de St Lambert est pointée après 10h05 de joyeuse pédalée dont 2h15 d'arrêt en tout genre pour une moyenne de 26, pas de quoi rougir ! Nous repartons tous pour le stationnement de la voie maritime ou Yves me remet un pneu en cadeau, en fait c'est pour remplacer celui que je lui avais donné lors de son flat sous la flotte du brevet pop de la semaine passée. On se congratule, enfin content de se remettre au sec, on se dit à la semaine prochaine pour certains, Yves, MC et peut-être Claude et Gabriel. Je reprends la piste cyclable qui me ramène à mon condo, je cumule 218 km à mon compteur général, je suis bien content. Douche, souper, un peu de téloche affalé dans le canapé, puis c'est l'heure de mettre la viande dans le torchon, alors bonne nuit ! 

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